Les dirigeants mondiaux soulignent le r?le central du nucléaire au Sommet sur l’énergie nucléaire de 2026
Les dirigeants mondiaux se sont réunis à Paris cette semaine à l'occasion du Sommet sur l'énergie nucléaire de 2026, où ils ont souligné le r?le de l'énergie nucléaire dans la fourniture d'une énergie propre, fiable, abordable et s?re.
Les chefs d'état et de gouvernement, les dirigeants d'organisations internationales et d'institutions financières, les représentants de l'industrie et les experts réunis lors du Sommet sur l'énergie nucléaire, qui s'est tenu à Paris, en France, le 10 mars 2026, ont discuté du r?le de l'énergie nucléaire civile dans la réponse aux grands défis énergétiques et climatiques. (Photo: D. Calma/AIEA).
Des dirigeants du monde entier, ministres, responsables de l’industrie, organisations internationales et institutions financières internationales se sont réunis cette semaine à Paris à l’occasion du Sommet sur l’énergie nucléaire 2026, où ils ont souligné le r?le central que jouait l’électronucléaire dans la fourniture d’une énergie propre, fiable, abordable et s?re dans un contexte de hausse de la demande en électricité et de tensions géopolitiques.
Le 10 mars, à l’issue de ce Sommet organisé par le Gouvernement fran?ais en coopération avec l’AIEA, deux déclarations ont été publiées pour, d’une part, réaffirmer la volonté de développer l’énergie nucléaire dans le cadre de la transition mondiale vers des systèmes énergétiques bas carbone et, d’autre part, appeler à renforcer la coopération internationale et à faciliter l’accès aux financements. Dans le prolongement du Sommet sur l’énergie nucléaire de Bruxelles de mars 2024, les représentants des états ont souligné que l’énergie nucléaire continuait de susciter un intérêt croissant, sur fond d’augmentation de la demande mondiale en électricité.
? Le nucléaire est clé pour réconcilier à la fois l’indépendance et donc la souveraineté énergétique, et la décarbonation et donc la neutralité carbone ?, a déclaré le Président Emmanuel Macron dans son discours d’ouverture. ? On a besoin de continuer de mobiliser ces financements et de continuer à mobiliser les financements privés. A ce titre, je me félicite que des grands financeurs privés, des grands fonds internationaux vont vers le nucléaire, parce qu'il y a de la rentabilité, mais je pense que nous devrions nous réveiller pour que les banques et les assureurs aillent davantage vers le nucléaire. ? a ajouté le Président Emmanuel Macron.
Le Directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a quant à lui affirmé que, face aux défis énergétiques, climatiques et de sécurité que devaient relever les pays du monde entier, l’énergie nucléaire était désormais largement reconnue comme un élément essentiel de la solution. ? Toutes les conditions sont maintenant réunies pour une intégration complète de l’énergie nucléaire dans le bouquet énergétique mondial. La dynamique favorable que nous observons aujourd’hui prouve qu’il est de plus en plus admis qu’on doit disposer d’une électricité fiable et bas carbone pour répondre à la demande énergétique mondiale croissante ?, a-t-il expliqué.
à l’heure actuelle, trente et un pays exploitent des centrales nucléaires. à elles toutes, celles-ci produisent environ 10 % de l’électricité mondiale, soit à peu près un quart de toute l’énergie bas carbone. Des dizaines de pays dits primo-accédants envisagent de se doter d’un programme électronucléaire ou s’engagent déjà dans cette voie. Les dirigeants présents au Sommet ont souligné que le développement de l’électronucléaire allait exiger une action internationale coordonnée, des cadres réglementaires solides et des investissements à long terme.
Ces dernières années, la perception de l’énergie nucléaire et les politiques en la matière ont évolué partout dans le monde. L’opinion publique et les gouvernements sont de plus en plus favorables à cette technologie, à laquelle beaucoup s’opposaient auparavant. En 2023, l’énergie nucléaire a été incluse pour la première fois dans le bilan mondial de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, au cours de laquelle plus de 20 pays se sont également engagés à tripler la capacité nucléaire pour atteindre les objectifs climatiques d’ici 2050. Près de 40 pays au total se sont depuis joints à cet appel.
? La réduction de la part du nucléaire était un choix et, avec le recul, c’était une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos à une source fiable et abordable d’énergie bas carbone ?, a déclaré Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, qui s’est jointe au Président Emmanuel Macron et au Directeur général de l’AIEA à l’occasion de la session de haut niveau du Sommet.
Dans un exemple de changement de politique, Ursula von der Leyen a annoncé que la Commission européenne allait présenter une nouvelle stratégie pour les petits réacteurs modulaires (SMR), en s’effor?ant notamment d’harmoniser les règles en matière d’autorisation entre les états membres de l’Union européenne pour faciliter le déploiement. Elle a ajouté que l’Union européenne allait également créer une garantie de 200 millions d’euros pour encourager les investissements privés dans les technologies nucléaires avancées et renforcer l’écosystème nucléaire européen.
Le Premier Ministre grec Kyriákos Mitsotákis a quant à lui annoncé lors du Sommet que la Grèce prévoyait de créer un comité ministériel sur le développement de petits réacteurs nucléaires pour contribuer au bouquet énergétique du pays.
Le Sommet, qui avait lieu la veille du 15e anniversaire de l’accident de Fukushima Daiichi, a également été l’occasion pour le représentant japonais de souligner les grands changements survenus dans le pays depuis lors. Le Japon a désormais redémarré 15 réacteurs et prévoit de se recentrer sur cette technologie pour réussir à garantir la sécurité énergétique avec une énergie propre et à améliorer de manière générale l’accessibilité financière. ? Nous tireront pleinement parti de l’énergie nucléaire, en faisant de la s?reté nucléaire une règle d’or ?, a déclaré Ino Toshiro, Ministre japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie. ? Nous procédons au redémarrage des centrales nucléaires, en tenant compte des enseignements tirés de l’accident de Fukushima Daiichi. ?
à l’heure actuelle, quelque 413 réacteurs nucléaires de puissance, d’une capacité totale de plus de 377 gigawatts électriques, sont exploités dans le monde. D’après le Système d’information sur les réacteurs de puissance de l’AIEA, 69 réacteurs sont en construction dans 16 pays, pour une capacité totale de 72 GWe.
Le Vice-Premier Ministre chinois, Guoqing Zhang, a déclaré que la Chine était actuellement le leader mondial de la construction dans le domaine électronucléaire et qu’elle prévoyait de continuer à développer cette technologie et à stimuler l’innovation dans les années à venir. ? La Chine a achevé et mis en service la première centrale nucléaire de quatrième génération au monde : la centrale de démonstration dotée de réacteurs à haute température refroidis au gaz. Le réacteur chinois Linglong One, premier petit réacteur modulaire à eau pressurisée au monde implanté à terre, devrait être connecté au réseau cette année ?, a-t-il précisé.
M. Grossi a souligné les progrès accomplis pour résoudre l’un des défis de longue date auxquels le domaine de l’énergie nucléaire doit faire face, à savoir l’accès aux financements. Il a relevé que les projets nucléaires avaient été généralement exclus de nombreuses institutions financières internationales, mais a précisé que la situation commen?ait à évoluer, évoquant un accord de coopération historique conclu entre l’AIEA et la Banque mondiale, l’année dernière, à Paris. Depuis, a-t-il précisé, l’Agence a renforcé sa collaboration avec d’autres banques de développement, dont la Banque asiatique de développement et des institutions financières régionales, afin d’aider à débloquer des financements pour des projets liés à l’énergie nucléaire.
Les pays primo-accédants d’Afrique et d’Asie devraient finir par bénéficier des progrès accomplis. Trois pays primo-accédants – le Bangladesh, l’égypte et la Türkiye – construisent leur première centrale nucléaire et en sont à un stade avancé de construction.
? L’énergie nucléaire jouera un r?le crucial dans la diversification du bouquet énergétique du Rwanda tout en assurant la stabilité nécessaire à la croissance industrielle et à une transformation à long terme ?, a déclaré le Président rwandais, Paul Kagame, qui a récemment accueilli une mission de l’AIEA pour évaluer l’état de développement de l’infrastructure nucléaire de son pays, l’un des nombreux pays d’Afrique à envisager le déploiement de SMR en vue de stimuler le développement économique.
Plusieurs dirigeants ont également évoqué les nouvelles applications de l’énergie nucléaire au-delà de la production d’électricité, comme la chaleur industrielle, la production d’hydrogène et l’énergie servant à alimenter les grands centres de données.
Les états-Unis d’Amérique, où près d’un cinquième de l’électricité est produit par l’électronucléaire, redoublent d’efforts pour déployer des technologies nucléaires avancées, notamment des SMR, dans le but déclaré de multiplier par quatre la capacité nucléaire d’ici le milieu du siècle. ? Le monde ne peut pas approvisionner ses industries en électricité, répondre aux besoins de l’intelligence artificielle ou assurer son avenir énergétique sans l’électronucléaire ?, a affirmé le Sous-Secrétaire d’état des états-Unis, Thomas DiNanno. Le Ministre éthiopien de l’eau et de l’énergie, Habtamu Itefa Geleta, a déclaré que les ambitions de développement de l’éthiopie dépendaient de l’élargissement de l’accès à une énergie fiable et a appelé à renforcer les partenariats internationaux à l’appui de programmes nucléaires pacifiques.
? Nous choisissons l’atome. Nous choisissons la paix. Nous choisissons le développement ?, a-t-il précisé.
? Ensemble, nous pouvons montrer que l’énergie nucléaire n’est pas le privilège de quelques-uns, mais bien le droit qu’a toute nation attachée à un avenir prospère. ?