Jamais Najat Mokhtar n’avait envisagé de travailler à l’AIEA. De retour au Maroc après son deuxième doctorat, elle était déterminée à s’attaquer au problème de la malnutrition et aux inégalités touchant les femmes en matière de santé dans son pays d’origine. ? Il n’y avait pas de programmes avancés de recherche en nutrition ?, précise-t-elle. Najat Mokhtar a été la première à proposer des programmes de master et de doctorat dans ce domaine. Elle est parvenue à sécuriser des financements et a collaboré avec des organisations internationales dans l’optique de renforcer les capacités.
Sa carrière a pris un tournant inattendu lors d’un stage postdoctoral à l’Université Johns Hopkins, lorsqu’elle a découvert par hasard une offre d’emploi de l’AIEA. ? Je ne savais même pas quelle place la nutrition occupait dans le travail de l’AIEA ?, dit-elle. Elle a découvert que l’AIEA utilisait des techniques nucléaires, comme l’analyse des isotopes stables, pour suivre l’absorption des nutriments et la composition corporelle, deux éléments essentiels dans la lutte contre la malnutrition. Intriguée par cette approche innovante, elle a postulé et est rapidement devenue l’unique spécialiste de la nutrition à l’AIEA.
? C’était intimidant ?, avoue-t-elle. ? J’ai d? tout apprendre en partant de zéro, des applications nucléaires à la santé environnementale. Mais mes collègues ont été des mentors généreux, et j’ai posé une quantité innombrable de questions. ? Trouver un équilibre entre deux jeunes enfants, un déménagement dans nouveau pays et un nouveau r?le exigeant a mis à l’épreuve sa résilience. ? Mon mari a été mon roc ?, explique-t-elle. ? Sans son soutien, je n’aurais pas survécu à ces premières années. ? Pour elle, la capacité d’adaptation de sa famille, et l’environnement multiculturel enrichissant qu’offre Vienne, ont fa?onné la vision du monde qu’ont aujourd’hui ses enfants. ? Sortir de votre zone de confort vous transforme. C’est un cadeau. ?