Six manières dont la science et la technologie nucléaires contribuent à la protection de l’environnement
à l’occasion de la COP30, l’AIEA présente les solutions apportées par la science et la technologie nucléaires face aux défis environnementaux.
Cette semaine, l’AIEA monte sur scène pour présenter les solutions nucléaires qui peuvent aider à relever les défis énergétiques et environnementaux mondiaux, à l’occasion de la COP30 qui a lieu à Belém (Brésil), du 10 au 22 novembre.
Alors que les dirigeants mondiaux, les organisations internationales, les scientifiques, les représentants d’entreprises et les militants pour le climat se réunissent à Belém à l’occasion de la COP30, l’AIEA présente les solutions apportées par la science et la technologie nucléaires face aux défis environnementaux. La science nucléaire est non seulement utilisée pour fournir une énergie propre et fiable dans le monde, mais elle permet aussi aux scientifiques de surveiller et de protéger les écosystèmes, d’améliorer la sécurité alimentaire et de réduire la pollution.
Les visiteurs peuvent découvrir ces innovations en action au stand Atoms4Climate de l’AIEA. Au Brésil, par exemple, les eaux usées industrielles sont traitées en faisant appel à la technologie du faisceau d’électrons. En Amérique latine, des pays ont recours aux techniques nucléaires pour lutter contre les parasites ou préserver les cultures et l’exportation des denrées alimentaires, si bien que les agriculteurs, les consommateurs et l’environnement en ressortent gagnants.
Le premier tube montre des eaux usées provenant de la teinture textile non traitées, le deuxième des eaux irradiées et le troisième des eaux irradiées qui ont été traitées avec une dose plus élevée. (Photo : AIEA)
1. Traitement par faisceau d’électrons dans le cadre du traitement des eaux usées industrielles
Le traitement des eaux usées contaminées par des polluants industriels reste un défi majeur pour de nombreux pays. En soutenant la technologie des faisceaux d’électrons, l’AIEA aide les pays à trouver des solutions innovantes qui permettent de décomposer les contaminants complexes et améliorent la qualité de l’eau sans utiliser de produits chimiques. Bénéficiant de l’appui de l’AIEA et de l’Agence brésilienne pour l’innovation (FINEP), une unité mobile équipée d’un accélérateur de faisceaux d’électrons est actuellement utilisée au Brésil pour traiter les eaux usées industrielles, ce qui permet d’améliorer la qualité de l’eau et contribue à la protection de l’environnement.
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Les mangroves des zones c?tières capturent et stockent le carbone organique. (Photo: Adobe Stock)
2. Protéger les océans grace aux écosystèmes de carbone bleu
Les Laboratoires de l’environnement marin de l’AIEA situés à Monaco soutiennent les initiatives relatives au carbone bleu axées sur les mangroves, les herbiers marins et les marais salés – des écosystèmes c?tiers qui capturent et stockent le carbone organique. L’AIEA aide les pays à évaluer les taux de piégeage du carbone et la santé des écosystèmes en faisant appel aux techniques nucléaires et isotopiques, ce qui contribue à l’atténuation des changements climatiques et à la préservation de la biodiversité. Dans le cadre de la COP30, les travaux de l’AIEA sur le carbone bleu seront mis en évidence lors de la séance consacrée à l’ONU-Océans intitulée ? Ocean-climate-biodiversity nexus: leveraging synergies across frameworks ?, axée sur la création de partenariats en vue de trouver des solutions naturelles.
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La mouche méditerranéenne des fruits est un insecte ravageur très destructeur qui menace la production agricole dans le monde entier. (Photo : R. Cardoso Pereira/FAO-AIEA)
3. Technique de l’insecte stérile (TIS) pour une agriculture climato-intelligente
La technique de l’insecte stérile (SIT) est une méthode de lutte contre les insectes ravageurs respectueuse de l’environnement, qui permet de contr?ler les populations de mouches des fruits nuisibles au Brésil, au Chili et au Mexique. Parfois qualifiée de technique de contr?le des naissances des insectes, la TIS consiste à relacher des males stérilisés par irradiation, qui s’accoupleront ensuite avec des femelles sauvages sans engendrer de descendance. Elle contribue à limiter le recours aux insecticides et à protéger les cultures et permet aux pays d’accéder aux marchés internationaux pour exporter leurs denrées alimentaires. Cette technique est présentée à la COP30 dans le cadre des efforts déployés en faveur d’une agriculture climato-intelligente faisant appel à la science et aux techniques nucléaires.
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Les données nucléaires permettent de suivre le recul des glaciers et son impact sur les ressources en eau. (Photo: AIEA)
4. Surveillance des glaciers et des ressources en eau dans les régions montagneuses
Les glaciers reculent, voire disparaissent, dans de nombreuses régions montagneuses, ce qui menace les ressources en eau de millions de personnes. L’AIEA aide des pays comme la Bolivie à utiliser des techniques nucléaires, telles que les humidimètres à neutrons de rayons cosmiques ou l’hydrologie isotopique, pour surveiller l’humidité des sols et la disponibilité de l’eau dans les écosystèmes de haute montagne. Ces outils permettent aux scientifiques et aux décideurs d’évaluer l’incidence du recul des glaciers sur les ressources en eau et d’orienter la gestion durable des terres. Lors de la COP30, l’AIEA mettra en lumière ces activités à l’occasion de la séance consacrée à la science nucléaire au service de la résilience climatique, compte tenu du thème de l’année 2025 proclamée par l’ONU comme étant l’année de la préservation des glaciers, et montrera comment les applications nucléaires permettent aux communautés locales de s’adapter à des conditions changeantes.
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ITER est un projet international qui vise à démontrer la faisabilité scientifique et technologique de la production d’énergie de fusion et à valider la technologie et les concepts des futures centrales de démonstration à fusion productrices d’électricité, appelées DEMO. (Photo : Organisation ITER)
5. énergie de fusion et action climatique : le débat continue
Alors que l’on s’emploie dans le monde entier à chercher de nouvelles solutions en matière d’énergie propre, la recherche sur l’énergie de fusion est en plein essor. Lors de la COP30, l’AIEA fera le point sur la situation de la recherche-développement en matière de fusion et en particulier sur les progrès réalisés dans le cadre du projet international ITER, qui représente la plus grande expérience de fusion au monde mise en ?uvre en France. La séance consacrée à ce thème sera l’occasion de donner un aper?u de la situation actuelle de l’énergie de fusion, notamment les avancées obtenues dans divers projets internationaux, nationaux et privés, ainsi que des Perspectives de l’AIEA sur la fusion dans le monde 2025.
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L'AIEA aide les pays à identifier les moyens d'accélérer le déploiement de l'électronucléaire. (Photo : Adobe Stock)
6. Stratégies de financement des sources énergétiques bas carbone
S’appuyant sur les résultats du premier bilan mondial de la COP28, l’AIEA aide les pays à recenser les solutions pour accélérer à la fois le déploiement de l’électronucléaire, aux c?tés des énergies renouvelables, et l’adoption des technologies de réduction et d’élimination des émissions, en particulier dans les secteurs difficiles à décarboner et dans le secteur de la production d’hydrogène bas carbone.
L’accélération du déploiement des petits réacteurs modulaires (SMR) sera un autre sujet phare lors de la COP. Les SMR sont non seulement modulaires mais également économiques, et peuvent être utilisés pour alimenter de petits réseaux énergétiques – ce qui en fait une solution idéale pour les industries énergivores, les centres de données et les navires commerciaux. L’AIEA consacrera un événement aux SMR en s’intéressant au financement, aux stratégies à adopter et à la réglementation.
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